Ces petits bonheurs qui traversent ma vie

Et autres imprévus

21 novembre 2009

Dreamer

LURVELY5

I walked beside the evening sea
and dreamed a dream that could not be;
the waves that plunged along the shore
said only: "Dreamer, dream no more!”

George William Curtis

Photo : lurvely.com

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12 juin 2009

Du ciel au marine

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"Mon bleu, je vais le chercher  dans les yeux d'une femme heureuse de sa journée sur l'île, à l'époque ou la lumière est claire tard le soir, quand le regard se fait marine, quand les plaisirs scintillent, quand on peut lire en cueillant dans un visage  les phrases et les strophes qui ne s'écoutent plus avec les mots, mais qui jouent avec des couleurs qui s'expriment. Cette nuance de bleus, qui va me parler comme une prière, je l'utiliserai en autant de petits points symbolisant le langage de la mer". (Magazine,Tendances Ile de Ré 2008)

Photo : azur, La Rochelle

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08 mai 2009

Peut-être

Place_Des_Lices


Notre devoir est de sauver nos rêves,
même s'ils sont fragiles,
parce que c'est peut-être de la fragilité de nos rêves
que naît la saveur de la vie 


Citation : Modigliani
Photo : place-des-lices.com

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12 avril 2009

Indolence

419

Printemps plein d'indolence,
J'implore ta clémence.

À toi plein de langueur
J'abandonne mon coeur.

Ma pensée indécise
Flotte au gré de la bise.

Un ruissellement tendre
Me pénètre de miel.

Ah ! ne voir, ah ! n'entendre
Qu'à travers le sommeil.

À travers ma paupière
J'accueille ta lumière,

Soleil qui me caresse ;
Pardonne à ma paresse...

Bois mon coeur sans défense,
Soleil plein d'indulgence.

André Gide

Photo : cotemaison.fr

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21 mars 2009

Rouge

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Le petit chaperon rouge sans est allé..
J'aime cette histoire revisitée

Désolée pour la qualité des photos..

Tableau : Julien Guerri, Ecole supérieur des métiers artistiques

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07 mars 2009

Lettre à D.

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Je n'ai sûrement pas été à la hauteur de la résolution prise il y a trente ans : de vivre de plain-pied dans le présent, attentif avant tout à la richesse qu'est novre vie commune. Je revis maintenant les instants où j'ai pris cette résolution avec un sentiment d'urgence. Je ne veux plus - selon la formule de Georges Bataille - "remettre l'existence à plus tard". Je suis attentif à ta présence comme à nos débuts et aimerais te le faire sentir. Tu m'as donné toute ta vie et tout de toi ; j'aimerais pouvoir te donner tout de moi pendant le temps qu'il nous reste.
Tu viens juste d'avoir quatre-vingt deux ans. Tu es toujours belle, gracieuse et désirable. Cela fait cinquante-huit ans que nous vivons ensemble et je t'aime plus que jamais. Récemment je suis retombé amoureux de toi et je porte de nouveau en moi un vide dévorant que ne comble que ton corps serré contre le mien. La nuit je vois parfois la silhouette d'un homme qui, sur une route vide et dans un paysage désert, marche derrière un corbillard. Je suis cet homme. C'est toi que le corbillard emporte. ..Je guette ton souffle, ma main t'effleure. Nous aimerions chacun ne pas à avoir survivre à la mort de l'autre. Nous nous sommes souvent dit que si, par impossible, nous avions une seconde vie, nous aimerions la passer ensemble.

Lettre à D.
Histoire d'un amour
André Gorz

Photo : zyeuter.com

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24 février 2009

Plénitude

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"Il y a des moments de grâce, des instants magiques, suspendus entre ciel et terre, comme si une douce euphorie irriguait chaque fibre de notre être. Tout à coup, les conflits, extérieurs et intérieurs s’évanouissent, et le tumulte, qui nous habite ou nous entoure, fait place à un sentiment diffus de paix. Nous nous sentons plus grands, plus forts et surtout, plus vivants. Cet état, à l’alchimie aussi mystérieuse que fugace, a mille visages.

Sages et philosophes, au cours des siècles l’ont nommé pour tenter de le capturer. “Tranquillité de l’âme”, pour, Sénèque Satori”, pour les maîtres zen, ou plus récemment, “expérience optimale”, pour le psychiatre Csikszentmihalyi. Car c’est bien d’une expérience, c’est-à-dire d’un ressenti, d’un vécu, dont il s’agit et non d’une production intellectuelle. Et ce que l’on sait justement de cette aventure intérieure et sensorielle, c’est qu’elle advient sans obéir aux lois de notre volonté.

Que nous soyons immobiles ou en mouvement, dans le silence ou dans la parole, seul ou accompagné, quelque chose en nous s’affranchit subitement des soucis, des tensions et des limites ordinaires. Tout à coup, nous accédons au plus vrai et au plus fort de soi. Nul besoin de circonstances extraordinaires pour connaître ces moments de plénitude. C’est, au contraire, dans les petits riens du quotidien, que se font les plus belles moissons."

http://www.luxe.psychologie.com


Photo : zyeuter.com

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21 janvier 2009

Croire

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"Le bien, l'espéré, on ne sait pas comment le faire tenir dans nos vies, heureusement. On ne trouvera jamais de méthode pour cela. La confiance ? La confiance de fond est là, même quand je crois l'avoir perdue. C'est donc comme si rien ne pouvait durablement m'enlever le coeur. Il y a des choses tragiques et épuisantes, mais si je continue avec parfois la poitrine trouée, tôt ou tard un rosier vient de l'intérieur.

C'est une expérience que j'ai faite mille fois : rien n'est noué qui ne puisse être dénoué. Je le crois d'autant plus que c'est souvent, nous mêmes, avec notre intelligence confondante qui avons fait des noeuds à nos lacets de chaussures. Mais, comme une mère bienveillante, la vie revient et elle a des doigts si fins qu'elle sait défaire les noeuds les plus serrés. Je pourrais dire tout simplement qu'on est jamais abandonné."

Christian Bobin

Et pour tout vous dire,
J'ai trouver ces mots sur ce blog..si beau..http://prumtiersen.typepad.com/journal/
J'espère que tu ne m'en voudras pas Immemory de les avoir fait voyager chez moi

Photo : flickr.com

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19 janvier 2009

O temps...

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Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges
Jeter l'ancre un seul jour ?

Ô lac ! l'année à peine a fini sa carrière,
Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,
Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre
Où tu la vis s'asseoir !

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes,
Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés,
Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes
Sur ses pieds adorés.

Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence ;
On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux.

Tout à coup des accents inconnus à la terre
Du rivage charmé frappèrent les échos ;
Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère
Laissa tomber ces mots :

" Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !

" Assez de malheureux ici-bas vous implorent,
Coulez, coulez pour eux ;
Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;
Oubliez les heureux.

" Mais je demande en vain quelques moments encore,
Le temps m'échappe et fuit ;
Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l'aurore
Va dissiper la nuit.

" Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons !
L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ;
Il coule, et nous passons ! "

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse,
Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur,
S'envolent loin de nous de la même vitesse
Que les jours de malheur ?

Eh quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus !
Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
Ne nous les rendra plus !

Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes
Que vous nous ravissez ?

Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !
Vous, que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir,
Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
Au moins le souvenir !

Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes orages,
Beau lac, et dans l'aspect de tes riants coteaux,
Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages
Qui pendent sur tes eaux.

Qu'il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
Dans l'astre au front d'argent qui blanchit ta surface
De ses molles clartés.

Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
Que les parfums légers de ton air embaumé,
Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire,
Tout dise : Ils ont aimé !

Le lac
Alphonse de Lamartine
Recueil : Méditations poétiques

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06 décembre 2008

Vers la mer

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Comme des objets frêles,
Les vaisseaux blancs semblent posés
Sur la mer éternelle.

Le vent futile et pur n'est que baisers ;
Et les écumes,
Qui doucement échouent
Contre les proues,
Ne sont que plumes ;
Il fait dimanche sur la mer !

Telles des dames
Passent, au ciel ou vers les plages,
Voilures et nuages :
Il fait dimanche sur la mer ;
Et l'on voit luire, au loin, des rames,
Barres de prismes sur la mer.
Fier de moi-même et de cette heure
Qui scintillait en grappes de joyaux
Translucides sur l'eau,
J'ai crié vêrs l'espace et sa splendeur :
" Ô mer de luxe frais et de moires fleuries,
Où le mouvant et vaste été
Marie
Sa force à la douceur et la limpidité ;
Mer de clarté et de conquête,
Où voyagent, de crête en crête,
Sur les vagues qu'elles irisent,
Les brises ;
Mer de beauté sonore et de vives merveilles,
Dont la rumeur bruit à mes oreilles
Depuis qu'enfant j'imaginais les grèves bleues
Où l'Ourse et le Centaure et le Lion des cieux
Venaient boire, le soir,
Là-bas, très loin, à l'autre bout du monde ;
Ô mer, qui fus ma jeunesse cabrée,
Ainsi que tes marées
Vers les dunes aux mille crêtes,
Accueille-moi, ce jour, où les eaux sont en fête !

Emile Verhaeren
Extrait "Vers la mer"
Recueil : Les visages de la vie

Photo : zyeuter.com

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